PRÉPARER LE SON POUR LE VINYLE

Préparer l'audio pour un disque vinyle n'est pas aussi complexe qu'il y parait. 

Toute l'information sonore est contenue dans deux sillons: un pour la face A, un pour la face B. Rien de plus. Chaque fréquence est représentée par un mouvement plus ou moins ample que va faire le diamant de lecture lorsque le disque tournera sur la platine: les basses occupent beaucoup de place, tandis que les aigus créent des mouvements très fins jusqu'à plus de 20kHz. Toutes les fréquences sont ainsi représentées: au sein d'une ligne de basse qui ondule lentement, la caisse claire ou les voix, vont appliquer de plus petites excursions que le diamant de lecture va s'efforcer de suivre. Toutes les cellules phono n'ont pas la même habileté à suivre tous les détails. Les cellules très haut de gamme - et très chères - vont pouvoir le faire parfaitement bien, tandis que la grande majorité des cellules vont "traquer" le sillon un peu moins précisément. Le travail de mastering et avant cela celui du mix, est de maximiser le rendu de lecture avec n'importe quelle cellule.


Si le mix est destiné à plusieurs supports (CD, streaming, vinyle...) il n'est pas strictement nécessaire d'en faire un dédié au vinyle, c'est l'étape de mastering qui se chargera de le rendre compatible. Il faudra tout de même prendre en compte certaines particularités, et si vous les intégrez au mix, le mastering sera d'autant plus performant.


LA QUESTION DU TEMPS

C'est la première des contraintes à prendre en considération. Les disques de 12, 10 ou 7" vont déterminer la durée que nous allons pouvoir reproduire. Voir les FAQS pour des temps indications en fonction de la taille choisie. En résumé, il faudra sacrifier du volume et / ou de la qualité sonore pour des temps plus longs.

LA QUESTION DES BASSES 

​Si les premiers disques apparus sur le marché dans les années 1950 étaient assez peu fournis en basses, il est quasiment impossible d'imaginer un morceau aujourd'hui sans. Et çà tombe bien, car le vinyle est capable de reproduire des basses très profondes et puissantes. Mais comme celles-ci occupent physiquement beaucoup de place, si leur fréquence est trop basse (moins de 40Hz), elles vont forcer le diamant de lecture à effectuer des mouvements de grande amplitude, risquant de le faire sortir du sillon, et d'en empêcher la lecture, en faisant des sauts, ou n'en arrivant plus à correctement lire les autres fréquences, provoquant des distorsions, ou des erreurs de "tracking".

Disque vinyle avec des basses
sillon de disque vinyle avec des basses profondes

Une stéréo trop large va encore augmenter la place nécessaire pour les graver, et va diminuer le temps disponible sur chacune des face. En resserrant la stéréo seulement pour ces fréquences, on pourra graver plus, avec un meilleur rendu. En dessous de 300 Hz, on préfère le mono, en dessous de 150 Hz, c'est indispensable.

Pour que vos morceaux soient riches en basse, veillez donc à bien les resserrer, à filtrer tout ou presque ce qui se trouve avant 40 Hz, et à faire attention aux problèmes de phase.


ET LES AIGUS?

Les medium et les aigus sont très bien reproduits sur disque, c'est dans cette bande de fréquence que s'exprime la chaleur du vinyle, le confort d'écoute. La seule chose à retenir est que leur meilleure restitution se trouve au début du disque, là où la vitesse de lecture est la plus grande. Privilégiez pour les derniers, des morceaux plus calmes, un peu moins forts, plutôt que les "in your face" qui préfèreront les débuts de face.

LA QUESTION DE LA PHASE

Une autre particularité importante est celle de la phase. Que se passe-t-il lorsque deux signaux sont "hors phase"? La résultante devient plus faible, jusqu'au cas extrême où les signaux peuvent s'annuler. Cela se traduit sur un sillon par son rétrécissement, voire sa disparition. Il est donc impossible de graver des signaux hors phase. Le problème est particulièrement important dans le bas du spectre, où les décalages de phase peuvent réduire drastiquement la profondeur du sillon, et encore une fois poser des problèmes de lecture. 
Soyez donc vigilants sur vos pistes de kick, de basse, ou de quelqu'autre instrument venant titiller le bas du spectre, de respecter l'alignement de phase.

SOYEZ VIGILANTS AVEC LES SIBILLANTES

La transformation RIAA qui est appliquée de manière standard sur tous les disques vinyles & qui sera "décodée" par votre pré-ampli phono lors de la lecture, sur-représente parfois les sibilantes qui peuvent apparaîtrent agressives. Veillez à bien traiter vos pistes voix et overheads,  le déesseur doit vous accompagner. Si il reste possible de traiter ce problème au mastering, il est préférable de l'anticiper au mix, afin d'appliquer un traitement chirurgical sur les seules pistes qui posent problème. Une fois le mix réalisé, le déesseur affectera forcément le reste du contenu sonore.

MAITRISEZ LES DISTORSIONS

Pour la même raison que les sibilantes, les distorsions seront la plupart du temps accentuées une fois le son mis sur vinyle. Si celles-ci ne sont pas souhaitées, veillez à les contrôler avant l'étape de mastering. Si elles font partie de l'intention artistique, sachez qu'elles peuvent être légèrement plus marquées.

QUELLE HEADROOM POUR VOS MIX?

Pour que l'étape de mastering soit efficace, le fichier doit moduler entre -6 et -3 dbFS. Au delà, la réserve dynamique est faible. L'utilisation d'un limiteur pour baisser le niveau d'un mix fort à -3dBFS n'est pas conseillée: elle n'apporte aucune dynamique supplémentaire, et ne permet pas un mastering efficace. Pour les disques 7' il est préférable de ne pas dépasser les -4dbFS.


A PROPOS DU VOLUME MOYEN DE VOS MIX (RMS)

Celui-ci n'a que peu d'importance, puisqu'il ne sera pas le même une fois couché sur vinyle. C'est la durée d'enregistrement qui va déterminer le niveau final: plus elle sera courte, plus le disque pourra sonner fort. Si vous avez respecté les quelques conseils ci-dessous, l'ingénieur qui sera responsable de la gravure de votre lacque pourra la graver plus fort que si la stéréo dans les basses est large, qu'il y a beaucoup de sibilantes. Vus au microscope, les sillons qui se chevauchent créent des problèmes de lecture, et des sauts. Pour graver à un  niveau fort, il faut réduire la durée de l'enregistrement (ex : le Maxi 45T). Il y aura alors assez de place pour que les plus fortes modulations puissent être transcrites

Pour un maxi 45 de 12", la place disponible est la même que pour un LP, pour souvent deux ou trois titres. Ceci permet d'assouplir les contraintes de volumes ou de stéréo, au prix de moins de temps disponible sur la galette (7-9 minutes vs 19-22 minutes).

Vous pouvez nous confier vos mixs pour que nous nous occupions du mastering